Institut Belge de Biologie Totale des Êtres Vivants

LeCRON Leslie

dimanche 15 mars 2009 par Administrateur

- 1. Biographie

Leslie LeCRON (1892-1972) est un psychologue, hypnothérapeute [1].

Il a étudié à l’Université du Colorado.

Il a commencé sa carrière comme psychologue clinicien et puis est devenu hypnothérapeute.

Il a été membre de la « Society for Clinical and Experimental Hypnosis » et « l’Academy of Psychosomatic Medicine ».

Il a été membre honoraire et consultant de la société « Los Angeles Society for Psychic Research ».

Auteur prolifique, il a rédigé de nombreux livres dont certains sont traduits en français.

Il décède en 1972.

- 2. L’apport de LeCRON

LeCRON est connu pour avoir énoncé 7 clés (« les 7 clés de LeCRON » [2]) qui sont des interprétations, des explications aux symptômes somatiques [3].

Selon LeCRON, certains symptômes non expliqués médicalement peuvent être l’expression non consciente de différentes problématiques, de comportements due à des causes diverses :

  • 1. l’existence d’un conflit intérieur
  • 2. la motivation (= les bénéfices secondaires)
  • 3. l’effet de la suggestion
  • 4. l’effet du langage sur la vie organique
  • 5. l’identification (la fidélité)
  • 6. le masochisme et l’auto-punition
  • 7. les expériences passées, spécialement les événements générateurs de traumatisme

D’un certain point de vue, certaines clés énoncées par LeCRON peuvent être vues comme des obstacles à la guérison, si celles-ci restent présentes chez la personne.

2.1. L’existence d’un conflit intérieur

2.1.1. Définition

Un conflit intérieur est un « conflit qui se produit dès que nous sentons le besoin ou le désir d’agir selon des normes que les tabous de la société ou de la conscience interdisent . » [4].

Sigmund FREUD faisait des conflits intérieurs le dénominateur commun de la plupart de nos difficultés émotionnelles.

Selon Leslie LeCRON, les conflits intérieurs sont une des causes les plus connues des difficultés émotionnelles [5].

2.1.2. Exemple

Une des sources de conflits intérieurs est la sexualité.

Nous réprimons ces sentiments conflictuels et les chassons de notre conscience :

- soit parce que la pensée nous en est désagréable

- soit parce que ces sentiments provoquent des sentiments de péché, de culpabilité

- soit parce le souvenir de certains événements nous est désagréable ou effrayant

2.1.3 Interprétations

En biologie totale des êtres vivants, la problématique de conflit intra-psychique est moins mise en avant. Par contre, on y insiste beaucoup sur ce qu’est un conflit biologique (qui est différent d’un conflit psychologique).

2.2 La motivation

2.2.1. Définition

La motivation peut être définie comme un « bénéfice secondaire que le symptôme, le comportement, la maladie apportent à l’individu ».

2.2.2 Exemple

La personne est malade : elle constate que son entourage, qui la délaissait avant la maladie, est très attentionnée envers elle.

Si c’est le cas, il peut parfois être difficile de guérir pour la personne, surtout si elle constate que l’attention de l’entourage n’est présente que si elle est malade.

La maladie peut être un moyen pour susciter la pitié ou l’attention, ou pour susciter une protection [6].

2.2.3. Interprétations

L’existence de bénéfices secondaires peuvent être une cause de non-guérison.

2.3. L’effet de la suggestion

2.3.1. Définition

La suggestion peut être définie comme « le fait d’avoir une croyance, une idée, un désir qui a pour origine dans une autre conscience et que le sujet ne reconnaît pas l’influence qu’il subit » [7].

Selon Leslie LeCRON, une des méthodes pour rendre la suggestion agissante est de la répéter longtemps, pour qu’elle imprègne finalement le subconscient.

L’empreinte est un mécanisme où dans certaines circonstances de plus grande suggestibilité, certaines phrases prononcées peuvent s’exprimer très profondément (comme un sceau qui marque une morceau de cire) en nous et y rester ancrées.

Le Dr Georges ESTABROOKS, de la Colgate University écrit que sous l’influence d’une émotion, le subconscient se met à enregistrer comme si un disque était gravé à ce moment-là. Lorsqu’une association d’idées libère le réflexe correspondant, l’idée se matérialise, tout comme s’il s’agissait d’une suggestion posthypnotique [8] [9].

2.3.2. Exemple

Certaines personnes ont entendu de manière répétée durant toute leur enfance « Tu es vraiment bête, tu n’apprendras jamais rien ». A la longue, ces remarques constamment répétées peuvent avoir un effet persuasif.

Un symptôme peut également provenir (en partie ou en totalité) d’une remarque qui, en passant dans le subconscient, devient ou est devenue une idée fixe. C’est là un réflexe conditionné qui a la même force active qu’une suggestion post-hypnotique. Il semble que, sous l’emprise d’une émotion, nous sommes plus perméables (comme sous hypnose), et c’est souvent à ce moment-là que naît l’idée fixe [10].

En thérapie, certaines personnes racontent ou rêvent de phrases ou de mots qui les ont marqués de manière indélébile.

2.3.3. Interprétations

En biologie totale des êtres vivants, on dit qu’un mot peut guérir ou tuer : par exemple, dans la littérature médicale, on connaît très bien l’effet nocebo à la suite d’une mauvaise nouvelle, qui est appelé en BTEV un « conflit de diagnostic-pronostic ».

2.4. L’effet du langage sur la vie organique

2.4.1. Définition

L’effet du langage est « l’idée que notre corps traduit ce que nous n’arrivons pas à dire autrement, que la maladie exprime un « mal à dire », comme si notre corps pouvait manifester des affects que notre partie consciente ne peut percevoir, comme si notre corps se chargeait d’extérioriser ce qu’inconsciemment nous ressentons comme sentiment, comme émotion ».

Certains appellent cela le langage du corps : le corps est l’expression idiomatique [11] d’une souffrance.

Beaucoup d’expressions de la vie courante sont explicites :

- « cette idée me rend malade »
- « je n’arriverai jamais à avaler ça »
- « ça me donne des crampes d’estomac »
- « cela me fatigue »
- etc

2.4.2. Exemple

L’hypothèse sous-jacente est que la localisation de l’affection reflète une problématique interne de l’individu.

2.4.3. Interprétations

En psychanalyse, Jacques LACAN disait que « l’inconscient est structuré comme un langage ».

En biologie totale des êtres vivants, on dit que la maladie a un sens biologique (bio = la vie, logos = parole, science).

Avec un peu d’habitude, apprendre à écouter les mots du patient devient très important pour comprendre la personne humaine.

2.5. L’identification

2.5.1. Définition

L’identification est « le fait que la personne s’identifie à ses parents [12], à son problème, à son symptôme ou à sa maladie ».

Ce comportement d’identification aux parents est normal et se fonde sur l’amour que l’enfant porte à ses parents et que ses parents lui portent.

Parfois, cette identification peut même se produire avec un parent détesté, et qui semble tout puissant [13]. Cette identification peut même exagérer l’importance d’un événement.

Deux concepts très proches de l’identification sont la fidélité et la contre-identification :

- la fidélité est une manière d’être fidèle (en ressemblant) à une personne (aimée ou non).

- la contre-identification est le fait que la personne ne veut surtout pas ressembler à une personne.

2.5.2. Exemple

On voit souvent en consultation des personnes qui s’identifient à un de leurs parents, à leur symptôme ou à leur maladie. C’est comme si cette identification devenait leur « marque de fabrique », leur justification à leur existence de vie. (« Tu es le portrait de ton père ou de ta mère »).

La tentative de ressembler à son père ou à sa mère provoquera une modification du caractère, en suscitant parfois des maladies dont souffre déjà le parent auquel on s’identifie. A l’âge adulte, ces identifications de l’enfance évoluent en habitudes [14].

2.5.3. Interprétations

L’important est de faire remarquer que la personne existe aussi avec ou sans le problème : « je sais que je suis malade » (= j’accepte le fait, ce n’est donc pas du déni), mais cela ne m’empêche pas de continuer à vivre, à voir mes amis, avoir et de réaliser des buts dans mon existence.

Mettre les personnes dans des projets de vie est plus important que rester dans cette identification.

Eviter la fidélité et mettre dans un projet de vie personnelle (« Vivre sa légende personnelle » (cfr Paolo COELHO, L’alchimiste, éd. Anne CARRIERE, 1994.)) peut aider les personnes à redonner sens à leur vie.

Concernant la contre-identification, citons également Chantal RIALLAND [15] :

« Sans prise de conscience, sans travail sur soi, nous sommes condamnés à reproduire ultérieurement nos identifications d’enfant. Parfois à notre insu. Certains ont choisi de faire tout le contraire de leur famille. Malheureusement, vivre le contre-scénario, c’est encore vivre en fonction du scénario. Prendre le contre-pied, ce n’est pas accéder à la liberté d’être soi-même, c’est agir à l’inverse en étant constamment dans la comparaison.

L’aventure d’une vie humaine, c’est avant tout l’aventure de la conscience. Plus nous devenons conscients, plus nous devenons libres. Plus nous choisissons notre vie au lieu d’obéir à nos programmations, plus nous épanouissons notre être unique, indépendant, autonome. Plus nous sommes épanouis, plus nous épanouissons les autres. »

2.6. Le masochisme et l’auto-punition

2.6.1. Définition

L’auto-punition est une punition que l’on s’inflige à soi-même parce que l’on pense, à tort ou à raison, avoir commis une faute.

L’hétéro-punition est une punition que l’on s’inflige à soi-même parce l’on pense, à tort ou à raison, punir ainsi quelqu’un d’autre, que cette personne soit vivante ou décédée.

2.6.2. Exemple

Selon Leslie LeCRON, un facteur commun à de nombreux cas d’alcoolisme est un désir inconscient d’auto-destruction [16].

Selon Leslie LECRON, souvent l’auto-punition est présente en raison d’un grand sentiment de culpabilité : la guérison n’est possible que lorsqu’on arrive à découvrir l’origine des sentiments de culpabilité. Le traitement consiste à persuader le subsconscient qu’une punition n’est plus d’actualité.

En consultation, certaines personnes ont préféré mourir que de pardonner le mal que des proches leur ont fait...

2.6.3. Interprétations

L’existence de punition (auto-punition et hétéro-punition) peuvent être une cause de non-guérison.

Aider la personne à voir que la punition n’est plus d’actualité est l’équivalent d’un changement de regard.

2.7. Les expériences passées

2.7.1. Définition

Le traumatisme est « l’idée qu’une expérience de notre passé, un évènement plus grave qu’un autre, plus traumatisant, nous secoue et nous laisse des traces, plus ou moins apparentes, avec des liens plus ou moins directs ». Ces traumatismes sont l’expression métaphorique d’une expérience.

Certains traumatismes peuvent être conscients, d’autres moins conscients.

2.7.2. Exemple

Certaines personnes racontent en consultation des évènements perçus comme bénins par un interlocuteur extérieur alors qu’eux en ont été marqués à vie.

Bien des exemples retrouvés en consultation trouvent leur origine dans des expériences vécues du passé. Ces événements vécus jouent un rôle dans la vie des individus, dans leur maladie et dans leurs émotions.

A titre d’exemple d’expériences passées d’événements traumatisants, citons :

- une peur immense
- la mort violente d’un proche, vue en direct
- etc

Les sentiments de culpabilité, les suggestions, les idées et les pensées jugées inacceptables (voir points précédents) trouvent leur origine dans nos expériences du passé [17].

2.7.3. Interprétations

La redécouverte d’événements marquants de notre vie est souvent thérapeutique. Souvent le souvenir de ces événements déplaisants est refoulé (voir le mécanisme de la mini-maxi-schizophrénie) : les rappeler à la conscience avec le souvenir d’origine peut libérer la personne de ses effets [18] et même l’aider à guérir.

Souvent en consultation, cette libération s’accompagne de crises de larmes, de pleurs, etc : c’est ce qu’on appelle en BTEV la « bascule » ou « abréaction » en psychanalyse.

En biologie totale des êtres vivants (BTEV), on dit que la maladie est due à un conflit biologique en lien avec la fonction, la symbolique, le traumatisme.

En BTEV, on dit également que la personne peut guérir grâce à un changement de regard par rapport à un événement douloureux que la personne a vécu.

- 3. Sources

Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), pp. 84-97.

- 4. Œuvres

Leslie LeCRON, L’autohypnose dans la vie quotidienne, éd. RAMON F. KELLER, 1966

Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4) (même texte que le livre « L’autohypnose dans la vie quotidienne »)

Leslie LeCRON, Hypnoforce, éd. MASSON, 1990.

- 5. Pour aller plus loin

Leslie LeCRON, biographie

Leslie LeCRON et al., Hypnotism Today, 1947

Milton H. ERICKSON, Jeffrey K. ZEIG, Brent GEARY, The Letters of Milton H. Erickson

[1] Il s’est également intéressé à la parapsychologie.

[2] Leslie LeCRON parle des « 7 facteurs » à la page 84 et des « 7 clés » à la page 97 de son livre « Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose », éd. TCHOU (ISBN 2-7107-0079-4).

[3] Son livre contient de nombreux exemples cliniques.

[4] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), pp. 84-85.

[5] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), pp. 84-85.

[6] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), p. 86.

[7] Il ne faut pas confondre suggestibilité et crédulité.

[8] La suggestion post-hypnotique est une suggestion faite à un sujet en hypnose, mais dont la réalisation se produit après le réveil.

[9] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), p. 89.

[10] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), pp. 88-89.

[11] Idiomatique au sens de langage

[12] Le mimétisme est une des manières d’apprentissage auprès de nos proches.

[13] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), p. 93.

[14] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), p. 94.

[15] Chantal RIALLAND, Cette famille qui vit en nous, éd. Robert LAFFONT, 1994 ; éd. MARABOUT, 2000, pp. 52-53.

[16] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), p. 95.

[17] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), p. 96.

[18] Leslie LeCRON, Libérez ces forces qui sont en vous par l’auto-hypnose, éd. TCHOU, 1978 (ISBN 2-7107-0079-4), p. 97.


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