Institut Belge de Biologie Totale des Êtres Vivants

La maladie a-t-elle un sens ?

samedi 26 avril 2008 par Administrateur

- 1. Introduction

La maladie a-t-elle un sens [1] ?

Le terme de « sens » en médecine et en science est souvent mal accepté.

En philosophie et en psychanalyse, le terme de « sens » est au centre de la démarche [2] [3].
Lors d’un interview, le célèbre psychanalyste Carl Gustav JUNG dit du sens : « La vie est sens et non-sens ou elle possède sens et non-sens. J’ai l’espoir anxieux que le sens l’emportera et gagnera la bataille. » [4] et « L’homme ne peut pas supporter une existence dénuée de sens. » [5].

En physiologie [6], les médecins étudient la fonction des organes. Etudier la fonction des organes, c’est étudier le « sens biologique » des organes.

En biologie totale des êtres vivants, le sens de la maladie c’est d’être la «  solution parfaite du cerveau » (Claude SABBAH).

- 2. Exemples

Illustrons ce concept de « maladie, solution parfaite du cerveau » par plusieurs exemples :

  • le diabète hyperglycémique
  • le syndrome de POLAND
  • le syndrome sec

1. Le diabète

Cela peut sembler étrange que le diabète puisse être la « solution parfaite du cerveau ».

Prenons un exemple tiré du monde animal : l’écureuil arctique qui vit au Pôle Nord.

En hiver, il doit résister contre un froid extrême.
Il développe - ce qu’en médecine humaine on appelle une « maladie » - un diabète hyperglycémique (transitoire et réversible une fois l’hiver fini).

A quoi cela sert d’avoir une glycémie à 400 mg/dl ?
Une glycémie aussi élevée a la propriété d’être un antigel qui lui permet de résister à des conditions climatiques de froid extrême.

Stocker et destocker l’énergie sous forme de glycogène est une opération qui coûte de l’énergie. Il est donc plus efficace pour l’économie vitale de l’écureuil d’avoir dans le sang du glucose immédiatement disponible.

Avoir un rhume, ici, ne lui servirait à rien.

En revanche, un diabète hyperglycémique, lui, est utile pour lui permettre de survivre durant l’hibernation.

Le conflit du diabète de l’écureuil arctique n’est pas psychologique, il est biologique [7] : dans sa biologie, l’écureuil est bien confronté au fait de devoir résister au froid (ce que l’on appelle les contraintes coexercitives du milieu). Ce n’est pas un conflit psychologique d’être confronté au froid. C’est un conflit biologique : tout l’organisme de l’écureuil doit s’adapter et résister au froid.

Le sens de la maladie est intimement lié à la fonction de l’hyperglycémie : dans ce cas, la résistance au froid dans un but de survie.

2. Le syndrome de POLAND

Cette maladie congénitale présente deux caractéristiques :

- une syndactylie, c’est-à-dire des doigts fusionnés
- un développement insuffisant (= hypoplasie) du faisceau sterno-costal du muscle grand pectoral

La tonalité générale du conflit biologique de la syndactylie est « attraper le morceau avec la main et il ne faut pas qu’il me glisse entre les doigts », comme s’il fallait empêcher que de l’eau ou du sable me glisse entre les doigts (Claude SABBAH).

Le faisceau du muscle grand pectoral qui est moins développé sert à faire la rotation de la main vers l’extérieur. S’il est moins développé, la main est en rotation interne.

A quoi cela sert-il d’avoir la main en rotation interne quand on veut attraper un morceau vital ?

L’hypothèse de travail est qu’un embryon, un foetus ou un nouveau-né a glissé entre les jambes de sa mère pendant la grossesse (fausses couches) ou lors l’accouchement.

Cette hypothèse s’est vérifiée chez l’histoire d’une patiente atteinte du syndrome de POLAND : sa mère avait perdu dans de telles circonstances l’enfant qui aurait dû naître avant la patiente …

Avoir un rhume, aurait-il eu un sens ici ?

En revanche, un syndrome de POLAND eut été utile à sa mère. Il s’est biologisé chez la fille (cf. le projet-sens : « Le conflit psychologique du ou des parents devient le conflit biologique de l’enfant. » (Claude SABBAH)) .

Le praticien peut donc, sans connaître l’histoire du patient, décrypter ce qui s’est passé dans son clan ou dans sa famille en partant des symptômes d’une maladie et apporter du « sens » à celle-ci. Ce qui permet le soulagement du patient.

3. Le syndrome sec

Certains personnes développent un syndrome sec (par exemple dans le cadre de la maladie de GOUGEROT-SJÖGREN) : elles se plaignent de ne plus avoir de larmes ou/et de salive.

Quel est le « sens » de ne plus avoir de larmes ?

Un praticien rencontre une dame qui se plaint d’absence de larmes. Après quelques questions, la dame se souvient d’un événement marquant de sa vie : infirmière, elle avait travaillé dans l’humanitaire. Elle avait vu des personnes mourir devant ses yeux et avait dû, comme un robot, les enterrer en urgence sans pouvoir montrer sa peine.

Deux minutes plus tard, après ce récit, choc précis et ressenti remémorés, les larmes lui sont revenues, définitivement. De fait, depuis ce jour, elle ne doit plus prendre de larmes artificielles. C’est ce qu’on appelle une « guérison ».

Quel est le sens de ne plus avoir de larmes ? « Jamais plus on ne me verra pleurer » [8].

Il ne lui aurait servi à rien d’avoir un rhume ou un furoncle du gros orteil.
Alors que l’absence de larmes, manifestation d’une maladie, a un sens si le ressenti de la personne est « plus jamais on ne me verra pleurer ».

Le conflit à l’origine de l’absence de larmes n’est pas psychologique : il est biologique.
Il y a un sens à avoir une sécheresse des paupières : ce sens est intimement lié à la fonction des glandes lacrymales et au ressenti de la personne « plus jamais on ne me verra pleurer ».

-  3. Conclusions

Nous voyons par ces exemples que la maladie a un sens biologique.

Les maladies ne résultent pas de conflits psychologiques mais bien de conflits biologiques, chocs signifiants [9] descendus dans notre biologie.

En quoi le fait de comprendre les maladies comme des programmes intelligibles serait contraire à l’esprit scientifique ? [10]

Terminons par le texte de John CHADWICK [11]

« L’envie de pénétrer les secrets est profondément ancrée dans l’âme humaine - même le moins curieux des esprits s’enflamme à l’idée de détenir une information refusée à d’autres. Certains ont la chance d’exercer un métier qui leur demande d’élucider des mystères, mais la plupart d’entre nous sont réduits, pour satisfaire ce besoin, à résoudre des casses-tête artificiels, inventés pour notre distraction. Les romans policiers et les mots croisés suffisent au plus grand nombre, la résolution des codes secrets peut être la quête de quelques-uns. »

[1Le sens peut se définir comme l’« idée intelligible que les maladies ont une signification, qu’il y a une clé à découvrir, une explication à leur existence ».

[2Boris, CYRULNIK, L’ensorcellement du monde, éd. Odile JACOB.

[3Boris CYRULNIK, La naissance du sens, éd. Odile JACOB.

[6La physiologie est l’étude des fonctions des organes.

[7Dire et rapporter que l’on dit qu’en biologie totale, la maladie résulte d’un choc psychologique (comme rapporté sur des sites ou par certains critiques) est une grossière erreur : en biologie totale, on dit que la maladie résulte d’un choc biologique (conflictus en latin = choc), que l’on appelle « conflit biologique ».

[8Ce qui est le conflit biologique de la sécheresse des yeux.

[9Signifiant : qui est plein de sens

[10Certains esprits chagrins pensent que nous avons affaire à une pensée magique : ils sont loin de la réalité puisque le raisonnement qui mène à la compréhension des maladies est purement déductif, fondé sur des connaissances de la physiologie, de l’anatomie, ...

[11John CHADWICK, Le déchiffrement du Linéaire B


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